vendredi 18 novembre 2016

Hawaï : la transition écologique est en marche 

 

Champ de taro, Jan Arendtz, licence CC
Au milieu du Pacifique dans  l'archipel américain d'Hawaï, les habitants autochtones de l'île de Kauaï tentent de promouvoir une agriculture durable qui s'appuie sur des savoir-faire traditionnels et une culture de plusieurs millénaires. Une culture fondée sur un profond respect et un fort sens de la responsabilité envers la nature. Dans cette région du monde dépendante à 90 % des importations agricoles et qui est plus connue pour les recherches OGM de multinationales, c'est une véritable transition écologique qui s'expérimente.


mercredi 9 novembre 2016

Trump, un nouveau séisme climatique ?

 

Crédit : Matt Jhonson, licence CC
Alors que se tient à Marrakech la 22e COP sur le Climat, l'élection de Donald Trump rend incertain le devenir de l'Accord de Paris entré en vigueur le 4 novembre dernier. Certes, le nouveau Président américain ne semble pas pouvoir remettre en question l'engagement de son pays. Le texte a été signé par Barack Obama et il est impossible en principe aux États-Unis de quitter l'accord avant 2020, date à laquelle il doit commencer à s'appliquer.


Mais l'accord n'étant pas contraignant, rien n'obligera Donald Trump à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour réduire les émissions américaines de CO2. La menace est réelle : pendant la campagne, il avait souligné son intention d’« annuler » la ratification qualifiant de « canular » le réchauffement climatique. Il est peu probable que le très anglo-saxon principe "to name and shame" (nommer et couvrir de honte) qui est censé inciter les Etats à respecter leurs engagements de réduction est le moindre effet sur le nouveau Président. D'autant que ce dernier a promis de relancer les combustibles fossiles et le charbon en particulier ainsi que le projet Keystone XL (voir post à ce sujet). Son élection porte-t-elle pour autant un coup d'arrêt à toute politique climatique aux États-Unis? 

Quelques arguments permettent de nuancer le propos. D'une part, une majorité d'Américains se disent sensibles aux effets du changement climatique sur leur environnement. Par ailleurs, l'engagement américain est en réalité issu d'un accord bilatéral avec la Chine, les deux pays étant les plus gros émetteurs de la planète. Ne pas respecter l'accord de Paris est donc également prendre le risque de déplaire au Gouvernement chinois. D'autres dossiers plus importants concernant les relations sinoaméricaines seront sur le bureau de Trump qui veut taxer de 45 % les importations : la cybersécurité, la politique économique chinoise, ou encore leurs luttes d'influence en mer de Chine méridionale. La question climatique ne sera donc pas le sujet le plus brûlant entre les deux nations. Et on peut faire confiance aux deux pays pour faire preuve de pragmatisme. Par ailleurs, quelle que soit la politique du gouvernement fédéral, plusieurs villes américaines, des Etats et des entreprises sont déjà engagés dans la développement d'une économie à bas-carbone.

Enfin, Barack Obama a basé en grande partie sa bataille contre le climat sur des normes et des réglementations contraignantes. Il a ainsi confié à l'Environmental Protection Agency (EPA) la mission d'imposer au niveau national une réduction des émissions de carbone par les centrales électriques. Cette baisse oblige d'ici à 2030 à réduire de 32 % le niveau de ces émissions par rapport à 2005. Ces normes seront difficiles à détricoter et il faudra du temps. Enfin si les compagnies liées aux combustibles fossiles ont désormais une oreille attentive à la Maison-Blanche, une partie des entreprises américaines sont, elles, déjà engagées dans les marchés internationaux des technologies bas carbone. 

Donald Trump ne pourra donc sans doute pas stopper le processus en cours, mais il pourra sans aucun doute utiliser tous les leviers dont il dispose pour le ralentir fortement. Saura-t-il alors entraîner d'autres États dans son sillage et casser le dynamique de Paris ? Compte tenu de l'urgence qu'il y a à agir, cela compromet de toute façon l'objectif de ne pas dépasser 2°C, voire 3°C, la température moyenne globale vers laquelle la planète s'achemine en respectant seulement les engagements des pays (INDC).