lundi 25 janvier 2016

2015 : année record pour les températures



Augmentation moyenne des températures en 2015 (NASA)
2015 a battu les records de température depuis le début des mesures en 1880. C'est ce que confirme ce matin l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM). La température mondiale a dépassé de 0,76°C les températures mesurées entre 1961 et 1990. « Pour la première fois, souligne l'OMM, les températures en 2015 ont été supérieures de 1°C à celles de l'ère préindustrielle ». Cette donnée s'inscrit dans la tendance des dernières années durant lesquelles les températures moyennes annuelles n'ont cessé de battre des records. Les quinze dernières années ont ainsi figuré parmi les 16 années les plus chaudes.

L'analyse de l'OMM rassemble les données de trois observatoires : l'Agence spatiale américaine (NASA), l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) et le bureau météorologique britannique. Petteri Taalas, Secrétaire Général de l'OMM a rappelé que le record de cette année s'explique par « un El Niño exceptionnellement fort associé au réchauffement global ». Cette annonce fait suite à celle du 20 janvier dernier de la NASA et de la NOAA.

Le record de température concerne à la fois les terres et les mers. L'OMM rappelait en novembre dernier que « le contenu thermique des océans a atteint des niveaux record, tant jusqu'à 700 m que jusqu'à 2000 m de profondeur ». Ce record de 2015 s'est accompagné de nombreux événements extrêmes tels que des vagues de chaleur, des inondations et des sécheresses sévères.

Pour mémoire, en mars 2015, le cyclone Pam de catégorie 5, le niveau maximal sur l’échelle de Saffir-Simpson , s'est ainsi abattu sur l'archipel des Vanuatu en Océanie et a affecté plus de 160 000 habitants . Le 23 octobre dernier, le Mexique a à son tour été frappé par le plus puissant ouragan jamais enregistré dans le nord du Pacifique, Patricia, avec des vents soufflants en mer entre 350 à 400 km/h le classant également en catégorie 5. Il s'est fort heureusement affaibli en touchant les terres ne faisant aucune victime. Plus généralement, 2015 aura été l'année des records pour le nombre d'ouragans et de typhons de catégorie 4 ou 5 s'accompagnant d'inondations dévastatrices.

Les Indiens se souviendront de la meurtrière vague de chaleur qui a sévi au mois de mai dernier faisant plus de 1400 victimes. Les températures ont alors dépassé régulièrement 47°C. Les mois de mai et de juin ont été les plus chauds en Inde, avec des températures qui dépassent souvent les 40 °C . D'autres régions du monde n'ont pas été épargnées en particulier l'Ouest de l'Amérique du Nord, une grande partie de l'Amérique du Sud, l'ensemble du continent africain, le sud et l'est de l'Eurasie. La Chine et la Russie ont connu 10 mois les plus torrides jamais constatés. En France, le mercure a atteint des niveaux particulièrement élevés dépassant légèrement les 40°C dans plusieurs partie de l'Hexagone.
Les derniers mois de l'année se sont montrés particulièrement doux dans l'Hémisphère nord. Noël fut exceptionnellement chaud au Canada. Le thermomètre a ainsi atteint 15,9 °C à Montréal le 24 décembre.

Mais c'est sans doute en Arctique que le phénomène a été le plus spectaculaire avec des températures comprise entre 0 et 2°C, soit au moins 20°C supérieures aux normales saisonnières. En moyenne sur l'année, les températures ont dépassé dans cette région de 1,3°C la moyenne mesurée entre 1981 et 2010, ce qui représente une augmentation de 3°C depuis le début des mesure au début du Xxeme siècle. Conséquence pour la banquise : une superficie en septembre inférieure de 29% à la moyenne des trois dernières décennies.


Les pluies abondantes ont par ailleurs marqué cette année différentes parties du Globe telles que le sud des États-Unis, le Mexique, la Bolivie, le sud du Brésil, l'Europe du Sud-Est, certaines régions du Pakistan et en Afghanistan. En janvier, de fortes précipitations ont provoqué de terribles inondations au Malawi, au Zimbabwe et au Mozambique. En février, c'était au tour du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie d'être touchés à leur tour. Record de pluies aux États-Unis, dans leur partie continentale, Alaska excepté : il n'avait pas autant plu au mois de mai dans les dernières 121 années de relevés. Ce déferlement d'eau a provoqué en Chine des inondations qui ont touché 75 millions de personnes et les pertes économiques ont été estimées à 25 milliards de dollars.


A l'inverse, d'autres régions du monde ont connu de graves sécheresses, telles que l'Amérique centrale et les Caraïbes, le nord-est de l'Amérique du Sud y compris le Brésil, certaines régions d'Europe centrale ans, l'Asie du Sud-Est, et l'Afrique australe. L'OMM souligne la conséquence de ces épisodes de sécheresses sur les incendies : « En Alaska, plus de 400 feux de forêt ont ravagé 728 000 hectares en mai, pulvérisant ainsi le précédent record qui était de 216 incendies et de 445 000 hectares, et en juillet, plus de 700 feux de forêt ont été signalés dans ce même État, qui ont calciné près de 2 millions d'hectares durant l'été. Ailleurs aux États-Unis, des incendies de grande ampleur ont sévi dans tout le nord-ouest en août, et l'État de Washington a connu le plus grand incendie de son histoire »


Faut-il s'attendre à des années toujours plus chaudes ? La tendance lourde est certes au réchauffement global mais il faut également compter avec la variabilité naturelle du climat qui peut certaines années amplifier ou atténuer l'augmentation des températures moyennes mondiales.
Une chose est certaine : si les pays de la planète s'en tiennent seulement aux efforts auxquels ils se sont engagés à la COP 21 à Paris en décembre dernier, l'augmentation des températures moyennes atteindra, voire dépassera, 3°C.