dimanche 29 novembre 2015

Vers une révision à la hausse de l'INDC du Canada


Post rédigé par Odile Meuvret, ancienne journaliste à l'AFP

Stéphane Dion, Ministre canadien des Affaires étrangères


« Le Canada est de retour » sur la scène climatique, ont martelé dimanche 29 novembre les nouveaux ministres fédéraux des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et de l’Environnement, Catherine McKenna, en s’adressant à la presse.

Stéphane Dion est un fin connaisseur des négociations climatiques puisqu'il fut en 2005 Président de la COP11 qui s'était tenue à Montréal. Par sa voix, le Canada entend devenir un « chef de file de la communauté internationale » en vue de la conclusion à Paris d’un « accord robuste accomplissant un pas important dans la bonne direction ».

A la veille de l’ouverture de la COP21, Mme McKenna et M. Dion ont confirmé que l’INDC (Contribution déterminée au niveau national) d’Ottawa serait revue en hausse « d’ici à 90 jours » et assortie d’un plan de mise en œuvre, élaboré avec les premiers ministres des dix provinces canadiennes.

Trois semaines après l’arrivée au pouvoir du nouveau premier ministre libéral, Justin Trudeau, ces déclarations confirment le virage à 180 degrés d’Ottawa sur le dossier climat. Traditionnellement le Canada estime ne pas pouvoir faire plus que les Etats-Unis en matière de politique climatique, eu égard aux liens économiques étroits qu’il entretient avec son puissant voisin. Son dernier premier ministre conservateur, Stephen Harper, avait même été encore moins ambitieux que le président Obama. L’INDC canadienne prévoit une baisse de gaz à effet de serre de 30% à l’horizon 2030 alors que sur la même base (2005), Washington promet une diminution de 25 à 28% dès 2025.

Après une lutte acharnée entre « pro-américains » et « pro-européens », Ottawa avait fini par ratifier le protocole de Kyoto fin 2002, plus d’un an et demi après le rejet de ce traité par le président George W. Bush. Mais les gouvernements successifs n’ont pris aucune mesure pour respecter le protocole. Et au lieu de reculer de 6% comme prescrit par Kyoto, les émissions se sont envolées de 25% en 2012 (base 1990). Acculé à acheter des quantités considérables de droits d’émission sur les marchés du carbone pour respecter Kyoto, M. Harper avait préféré dénoncer le protocole en 2011.

Comme toute négociation internationale, les tractations climatiques n’échappent pas aux aléas de politique intérieure des acteurs petits et grands qui y participent. Le revirement canadien en est une illustration éclatante. En l’occurrence il est plutôt de bon augure pour la conférence de Paris