mercredi 7 janvier 2015



Keystone XL : premier bras de fer entre le nouveau Congrès et le Président Obama


Manifestation devant le Capitole à Washington (fév. 2014), Crédit, 350.org, Licence Creative Commons
 C’est le premier bras de fer engagé entre le nouveau Congrès américain majoritairement républicain qui a fait sa rentrée parlementaire ce mardi et le Président démocrate Barack Obama.  Ce dernier a décidé de mettre son véto au projet de loi autorisant la construction de l’oléoduc continental Keystone XL. Un acte d'autant plus fort que Barack Obama n’a utilisé le véto que deux autres fois durant ses deux mandats. 

Le projet est très controversé en raison de ses forts impacts environnementaux. Lancé en 2008, l'oléoduc doit permettre d’acheminer sur 1900 km (dont 1400 km aux Etats-Unis) du pétrole issu des sables bitumineux  de l’Alberta au Canada vers les raffineries du Golfe du Mexique. Mais le tracé traverse les réserves naturelles de Sand Hills.  Les fuites qui risquent de survenir provoqueraient des dommages majeurs sur ces écosystèmes.  Contrairement au Président Barack Obama qui ne veut pas donner son feu vert au projet, le Congrès y voit une opportunité pour les Etats-Unis.  

 Les parlementaires républicains estiment que l’oléoduc permettrait de réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis et créerait « des dizaines de milliers d’emploi  américains » comme l’a déclaré en mai 2014 le président républicain de la Chambre des représentants, John Boeher.  Deux arguments que réfutent les opposants au projet. Pour eux,  celui-ci ne réduirait pas la dépendance énergétique américaine car ce pétrole raffiné est majoritairement destiné au marché européen et latino-américain ; par ailleurs,  selon eux, l’exploitation de l’oléoduc ne devrait générer au plus qu’une cinquantaine d’emplois. 

Enfin,  les opposants mettent également en avant les impacts environnementaux majeurs que génèrent l’extraction des sables bitumineux et son caractère très énergivore.  Pour faire passer la loi en dépit du véto de la Maison Blanche, les républicains doivent réunir la majorité des deux-tiers des parlementaires, ce qui signifie convaincre plusieurs démocrates de voter contre leur camp. Et quand bien même, ce très improbable scénario se réalisait, il resterait à Barak Obama tout simplement la possibilité de ne pas mettre en application la loi.  

Ce combat  dont les républicains ont fait l’une de leurs priorités montre leur volonté d’engager un rapport de force musclé avec le Président.  Au lieu d’entamer les réformes de fond de longue haleine auxquelles ils aspirent, ils  préfèrent ainsi s’attaquer à des projets emblématiques  en vue de l’échéance présidentielle de 2016.  Cette bataille entre le Congrès et la Maison Blanche confirme, s’il en était besoin, le peu d’intérêt que les Républicains portent aux questions environnementales et laisse craindre le pire pour la Conférence climatique à Paris en 2015.

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