lundi 3 novembre 2014


Le GIEC alerte sur l’urgence d'agir

Crédit Axel Drainville, Licence Creative Commons
 Le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l’évolution du climat) a présenté ce dimanche à Copenhague son cinquième  rapport de synthèse. Pas de révélations fracassantes mais une confirmation du fort impact des activités humaines sur le système climatique et sur notre planète plus généralement. Ce document rassemble le contenu de trois rapports publiés depuis septembre 2013 : le premier sur les bases scientifiques, le second sur les impacts du changement climatique et les vulnérabilités des différentes parties du monde et enfin le troisième sur les aspects économiques pour lutter contre le réchauffement climatique, c’est-à-dire limiter nos  émissions et nous adapter.

Mais le plus important sans doute est le résumé aux décideurs qui est fait de la synthèse. Un texte de quarante pages tout à la fois scientifique et politique : chaque mot a été pesé et son approbation a fait l’objet de longues discussions par les représentants des gouvernements. 

C’est donc ce document indiscutable par les Etats qui sera au cœur des prochaines négociations sur le climat. A commencer par le tout prochain rendez-vous du mois de décembre à Lima.  Cette étape est cruciale pour le succès de la vingt et unième Conférence des parties de la Convention climat COP21 qui se tiendra à Paris fin 2015.  Contrairement à ce qui s’est passé à la COP de Copenhague en 2009 qui fut un échec, le gouvernement français espère arriver à un accord avant la grande conférence ou du moins s’en approcher. Grossièrement, les Etats développés doivent s’engager vers la voie vertueuse d’une économie décarbonée avec des engagements de réduction d‘émissions de gaz à effet de serre contraignants. Et ils devront en outre accompagner les pays les plus pauvres pour qu'ils s’adaptent aux impacts du changement climatique, notamment grâce à des fonds qui peinent aujourd’hui à atteindre la masse critique. 

Le défi est ambitieux. Pour éviter de dépasser les 2°C de réchauffement de la planète jugé comme étant la limite à ne pas franchir pour que le changement climatique reste modéré, nous devons réussir à réduire de 40 % à 70 % nos émissions de gaz à effet de serre entre 2010 et 2050. Et au-delà de 2100, nous ne devrions plus du tout émettre de CO2 voire être capable d’inverser le processus et de globalement capter du CO2 de l’atmosphère. La tâche est immense. Comme le rappelle le résumé, les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines n’ont cessé de croître entre 1970 et 2010, avec une augmentation la plus forte dans la dernière décennie. Si nous ne parvenons pas à réaliser les efforts demandés par les scientifiques, la température mondiale moyenne pourrait croître alors plus encore avec des impacts plus forts . Si nous suivons la tendance actuelle, nous devrions atteindre une augmentation de la température mondiale de 4°C ou plus au-dessus de ce qu’elle était à la fin du 20ème siècle. "Associée à une augmentation de la demande en alimentation, (cela) poserait des grands risques pour la sécurité alimentaire mondiale » alerte le résumé aux décideurs.

Les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir. Tous les signaux d’alerte sont au rouge. Chacune des trois dernières décennies ont été les  plus chaudes depuis 1850, date des premiers relevés de température. Et dans la série des records, la période de 1983 à 2012 a été les 30 ans les plus chauds depuis les derniers 1400 ans dans l’hémisphère Nord. La température moyenne de l’atmosphère terrestre a ainsi augmenté de 0,85°C depuis la fin du 19eme siècle. Elle n’est bien sûr qu’un indicateur parmi d’autres.  Le niveau de la mer s’est élevé de 19 centimètres entre 1901 et 2010. Les glaciers ont globalement poursuivi leur fonte sur tous les continents. 

L’engagement pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre demandera de réduire quelque peu une croissance mondiale déjà faible mais les conséquences financières de l’inaction seront plus fortes encore pour l’économie de la planète.  La bonne nouvelle est que nous pouvons encore changer le cours de l’histoire climatique de notre planète. La mauvaise nouvelle est que nous n’avons plus de temps. La COP21 à Paris ne doit pas échouer.

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