mercredi 15 octobre 2014

Colombie : Les gardiens de semences 


http://www.rfi.fr/ Diffusion de mon reportage sur le projet colombien de réseau de semences sur RFI dans l'émission C'est pas du vent du samedi 18 octobre à écouter en podcast.


Recenser, valoriser et défendre les semences traditionnelles et les savoir-faire qui leur sont associées dans le cadre d’un programme participatif, c’est l’objectif du projet colombien Resemina mené par l’ONG Swissaid Colombia avec le soutien de la  Fondation Hermès.


Les paysans ont su au fil des siècles sélectionner les semences les plus adaptées aux maladies et aux climats locaux. Ils ont appris à maîtriser leur culture.  Si leur rendement n’est pas forcément le meilleur qui soit, les  semences assurent cependant une production régulière et garantissent le maintien d’une biodiversité agricole et de la sécurité alimentaire des populations - En 10 ans la Colombie est passée de l’autosuffisance alimentaire à l’importation nette d’aliment ; 75 %  du mais consommé vient  de l’étranger –


En Colombie, comme dans d’autres parties du monde, ces pratiques traditionnelles sont menacées par la standardisation de l’agriculture et l’arrivée de semences transgéniques qui pourraient « polluer » les semences traditionnelles. En outre, les cultures liées à la drogue fortement rémunératrices ont fait délaisser les cultures traditionnelles ; Enfin, le contexte réglementaire actuel dans le pays sur les semences traditionnelles qui  font l’objet d’un débat très vif, est très flou sur le statut de ces semences. Elles pourraient être interdites dans l’avenir. 


Il était donc urgent de mener un travail systématique à travers tout le pays.  Le projet se mène avec la participation active des organisations indigènes et paysannes. Plusieurs villages ont traditionnellement des gardiens des semences. Leur rôle est depuis longtemps d’inventorier et de conserver les semences de façon artisanale. Le projet va perpétuer cette « tradition » en construisant 15 Maisons des semences qui permettront une conservation dans de meilleures conditions, une caractérisation et un inventaire complet. Ce seront les gardiens traditionnels qui auront la charge de s’en occuper et de maintenir ainsi vivant le patrimoine génétique  local.

Ce travail est également politique car il donne beaucoup de force et de visibilité aux organisations paysannes locales et devrait permettre d’apporter des éléments déterminants dans le débat national sur la législation à venir sur le statut de ces semences traditionnelles.

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