dimanche 28 septembre 2014

Sommet Climat de New-York : une alerte pour Paris 2015

(voir également post du 21 septembre 2014)

La marche pour le Climat à New-York le 21 septembre dernier
Crédit CAN International, Licence Creative commons
Le Sommet sur le Climat qui s’est déroulé le 23 septembre dernier à New-York s’est hélas terminé comme les observateurs de la société civile le craignaient. C'est-à-dire sans aucune avancée significative ou presque qui permettrait de laisser un espoir pour la Conférence de Paris sur le climat en 2015.  C’est alors que les Etats devront prendre des engagements clairs et chiffrés pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre  à la hauteur des enjeux climatique et tenter ainsi de limiter le réchauffement climatique à 2°C.

C’est vrai : New-York aura permis de recueillir pour le Fond Vert promis à Copenhague en 2009 2,3 milliards de dollars, dont un milliard provenant de la France. Ce fond doit aider les pays en développement à se développer avec moins d’impact pour l’environnement et notamment pour le climat. Mais le compte n’y est pas puisque ce fond doit s’élever à 10 milliards d’ici fin 2014 et 100 milliards en d’ici 2020.  C'est vrai  : les chefs d’Etat qui ont défilé à la tribune à New-York ont assuré qu’ils avaient l’intention de lutter activement contre le changement climatique. Et Barak Obama lui-même a appelé à conclure un accord ambitieux à Paris en 2015,  reconnaissant également la « responsabilité particulière des Etats-Unis » dans le changement climatique. C'est vrai :  la Banque mondiale a annoncé l’initiative de 73 Etats et grande villes et de mille grandes entreprises pour réduire leurs  émissions de CO2. Et, les banques privées se sont également engagées à émettre pour 20 milliards d’obligations « vertes », des greens bonds. Celles-ci doivent permettent de financer des projets bas carbone et des projets liés aux énergies renouvelables. 

Tous ces points sont des signes positifs, mais l’impression globale du Sommet est cependant plutôt un sentiment de grand flou et d’annonces qui n’engagent encore personne. Sans vouloir jouer les prophètes de mauvais augures, cela ne laisse malheureusement rien présager de bon pour le sommet de Paris en 2015. Bien sûr ce sommet de New-York très médiatisé et souhaité par le secrétaire général des nations-unis ne faisait pas partie du round des négociations officielles. Son objectif n’était donc pas d’aboutir à un accord des Etats. Mais il a permis tout de même de prendre la température du niveau d’engagement des Etats et des acteurs privés en particulier les entreprises dans la lutte contre le changement climatique. Résultat pour le moment : plus de paroles que d’actes. Les pays émetteurs de CO2 risquent fort de ne pas s’engager à réduire leurs émissions de façon aussi drastique que l’urgence climatique l’exige. Et les pays du Sud ne s’impliqueront pas si le Fond Vert est désespérément aussi faible.  La prochaine grande réunion qui se tiendra à Lima en décembre prochain, sera cette fois bien un lieu de négociation. Plus technique et sans la présence des chefs d’Etat, elle sera sans doute moins médiatisée et ne suscitera pas de tels effets d’annonce bien qu'elle soit plus importante. 

Un espoir existe toutefois. Il est venu de la société civile dont la mobilisation aura marqué ce sommet de New-York.  La marche pour le climat du 21 septembre a ainsi fait descendre dans la rue plusieurs centaines de milliers de personnes de part le monde.  On peut parier que la société civile  restera particulièrement active dans les 15 prochains mois. Le sommet New-York aura ainsi jouer un rôle moins attendu, celui d'un signal d'alerte pour mobiliser tous les citoyens . Ce sont eux qui pourront faire pression sur leurs Etats afin d'éviter que Paris 2015 ne soit un échec.

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